Guide
Click & collect pour food-truck : des commandes prêtes avant votre arrivée sur le spot
Un food-truck vend l'essentiel de sa journée en 90 minutes. Prendre les commandes à l'avance, annoncer son emplacement du jour et servir par créneau change complètement ce que vous pouvez encaisser sur ce créneau du midi.
Un food-truck ne vend pas toute la journée. Il vend entre 11 h 45 et 13 h 15. Passé 13 h 30, la zone d’activité s’est vidée, et ce que vous n’avez pas servi dans cette fenêtre est perdu pour de bon.
C’est la particularité du métier : la demande est là, mais elle arrive toute en même temps, sur un poste de travail d’un mètre cinquante de large, avec une file qui décourage la moitié des gens qui la voient. Le client qui a vingt minutes de pause déjeuner compte les personnes devant lui, fait le calcul, et va acheter un sandwich ailleurs.
Prendre une partie des commandes à l’avance ne demande pas de changer votre carte ni votre matériel. Cela change simplement l’ordre dans lequel les choses se passent.
Ce que la commande à l’avance change concrètement
| Sans commande en ligne | Avec |
|---|---|
| Vous découvrez la demande du jour à 11 h 45 | Une partie est connue dès la veille au soir |
| Vous produisez à la commande, un plat après l’autre | Vous lancez la production avant l’arrivée du premier client |
| La file décourage les clients pressés | Les clients qui ont commandé passent sur le côté et repartent en 30 secondes |
| Vos achats du matin sont faits au jugé | Vous savez déjà quelles références partent |
| Le client qui repart faute de temps est perdu | Il a réservé, il viendra |
Le gain le plus net n’est pas le chiffre d’affaires en ligne. C’est la fluidité. Une file qui avance donne envie de s’y mettre ; une file qui stagne fait fuir. En servant les commandes réservées sur un côté du camion, vous accélérez aussi la file du comptoir.
Régler ses créneaux à la bonne cadence
C’est le seul réglage qui compte vraiment, et c’est là que les débuts se ratent.
- Des tranches courtes. 10 ou 15 minutes, pas plus. Un client de food-truck a une pause, pas une soirée.
- Une capacité honnête par tranche. Comptez ce que vous sortez réellement en 15 minutes quand tout va bien, et réservez-en la moitié aux commandes en ligne. L’autre moitié reste pour les gens qui arrivent au camion.
- Une heure limite de commande. Fermez les commandes du midi à 11 h ou 11 h 15. Passé cette heure, vous êtes en production, vous n’avez plus les mains libres pour absorber une commande imprévue.
- Des tranches pleines qui disparaissent. Le client voit le créneau suivant disponible et le prend. Personne ne réserve un horaire que vous ne pouvez pas tenir.
- Deux tranches vides en fin de service. Pour les retards, les erreurs et les imprévus. Vous vous remercierez.
Commencez volontairement bas. Cinq commandes réservées par créneau la première semaine, puis vous augmentez en fonction de ce que l’équipe encaisse. Un client qui attend un plat annoncé prêt est plus mécontent qu’un client qui fait la queue.
L’emplacement du jour, le vrai sujet d’un camion
Un fast-food a une adresse. Vous, vous avez un planning : lundi la zone d’activité, mardi le marché, jeudi la sortie d’usine, vendredi soir la place du village.
La plupart des food-trucks annoncent cela sur Instagram ou Facebook. Le problème est connu : une story n’est vue que par une fraction de vos abonnés, elle disparaît au bout de 24 heures, et un client qui a votre camion en tête à 11 h 30 ne pense pas à ouvrir un réseau social pour savoir où vous êtes.
Trois canaux valent mieux qu’un :
- Une page fixe à votre nom, où l’emplacement du jour s’affiche en haut, avec le menu et le bouton de commande. C’est l’adresse que vos habitués mettent en favori.
- Une notification ou un SMS aux clients qui ont déjà commandé, le matin même, avec l’emplacement et le plat du jour. C’est le canal qui déclenche les commandes.
- Les réseaux sociaux, qui continuent de servir pour les photos et pour attirer de nouveaux clients.
Le planning de la semaine publié à l’avance sur la même page évite en plus la moitié des messages privés du type « vous êtes où demain ? ».
Les commissions, en chiffres
Les plateformes de livraison prennent en général entre 14 et 30 % selon le contrat et le service. Sur une commande à emporter à 13 €, cela fait 1,80 à 3,90 € qui ne vous reviennent pas, sur un plat dont la marge brute tourne déjà autour de la moitié du prix.
Une boutique en propre fonctionne autrement : un abonnement fixe, et 0 % sur ce que vous vendez. Chez Marchéo, c’est 19 € par mois pour une vitrine, 39 € pour le click & collect avec les créneaux et les SMS, 59 € avec la livraison, sans engagement. Une quinzaine de commandes par mois passées sur votre page plutôt que sur une plateforme couvrent l’abonnement.
Cela ne veut pas dire quitter les plateformes. Elles font découvrir votre camion à des gens qui ne le connaissaient pas, et c’est leur intérêt. Ce qui coûte cher, c’est de leur payer une commission sur le client qui vient chez vous toutes les semaines depuis deux ans. Le sujet est détaillé dans notre comparatif du click & collect sans commission face à Uber Eats et Deliveroo.
Faire basculer ses habitués
C’est du travail de terrain, pas du marketing.
- Un QR code sur le camion, grand, à hauteur d’yeux, à côté de la carte, avec une phrase simple : « Commandez avant, passez devant ».
- Un autocollant sur l’emballage. Le client le voit au moment où il mange, c’est-à-dire au moment où il est content.
- Une phrase au comptoir, répétée pendant deux semaines : « La prochaine fois vous pouvez commander avant, c’est prêt à l’heure que vous voulez. »
- Le premier SMS. Quand vous avez trente ou quarante clients enregistrés, un message le matin avec le plat du jour et l’emplacement remplit vos créneaux du midi. Restez dans le cadre : consentement recueilli à la commande, désinscription en un clic.
Comptez trois à quatre semaines avant que le réflexe s’installe. Les premières commandes viennent toujours des mêmes cinq ou six habitués, et c’est très bien : ce sont eux qui en parlent aux collègues.
Le cas des grosses commandes
Le bureau qui commande douze menus pour une réunion est le meilleur client d’un food-truck, et le plus risqué. Il occupe une part entière de votre production et il annule parfois la veille au soir.
Deux garde-fous simples : une date limite plus longue pour ces commandes groupées, et une garantie. L’empreinte bancaire permet de réserver 75 % du panier sur la carte du client sans le débiter, la somme étant libérée automatiquement 24 heures après le retrait. Le client sérieux n’y voit rien passer, l’autre réfléchit avant de réserver. Si vous livrez vous-même ces commandes de bureau, notre guide sur organiser sa propre livraison locale donne la méthode pour fixer zone, minimum et frais.
Pour commencer
Vous n’avez besoin ni d’un site, ni d’un développeur, ni d’une caisse particulière. Il vous faut une page à votre nom, un catalogue, des créneaux réglés à votre cadence et un QR code sur le camion.
La page détaillée pour ce métier est là : click & collect pour fast-food et food-truck. Pour voir à quoi ressemblerait votre boutique, la démo gratuite prend 30 secondes : vous choisissez « Fast-food », vous tapez le nom de votre camion, l’aperçu s’affiche. Sans carte bancaire et sans engagement.
Questions fréquentes
Faut-il une connexion internet stable sur le spot pour prendre des commandes en ligne ?
Le client commande depuis son propre téléphone, donc sur son propre réseau. De votre côté, il vous faut simplement de quoi consulter la liste des commandes : un partage de connexion depuis votre téléphone suffit. Imprimez ou capturez la liste du midi avant de partir, vous êtes couvert même en zone blanche.
Comment mes clients savent-ils où je suis aujourd'hui ?
Vous indiquez l'emplacement du jour depuis votre téléphone. Il s'affiche en haut de votre page de commande et part en notification et en SMS à vos clients enregistrés. C'est plus fiable qu'une story Instagram, qui ne touche qu'une partie de vos abonnés et disparaît au bout de 24 heures.
Combien de commandes à l'avance puis-je accepter sans bloquer le service au comptoir ?
Comptez ce que vous produisez en 15 minutes et gardez-en la moitié pour les clients de passage. Sur un camion qui sort 20 plats par quart d'heure, 8 à 10 commandes réservées par créneau sont tenables. Les créneaux pleins disparaissent tout seuls de la liste.
Est-ce que ça remplace Uber Eats ou Deliveroo ?
Ce sont deux usages différents. Les plateformes vous apportent des clients que vous ne connaissez pas, en prenant une commission de 25 à 30 %. Votre boutique sert vos habitués, sans commission. La plupart des food-trucks gardent les deux et font basculer les réguliers vers leur propre page.
Voyez votre boutique en 30 secondes
Choisissez votre métier, tapez le nom de votre commerce : l'aperçu de votre site s'affiche avec le catalogue déjà rempli. Gratuit, sans carte bancaire.
Créer ma démo gratuite